Le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies a adopté une nouvelle résolution sur la situation des droits de l’homme au Burundi par 22 voix pour, 7 contre et 17 abstentions. Le texte renouvelle notamment pour une année supplémentaire le mandat du Rapporteur spécial. Avant le vote, l’Union européenne a défendu le maintien du mécanisme, particulièrement à l’approche de la présidentielle de 2027, tandis que le Burundi l’a dénoncé comme un instrument politique dirigé contre ses institutions. (Le Mandat)
Le vote enregistré, demandé par la délégation burundaise, s’est soldé par 22 voix pour, 7 contre et 17 abstentions. La résolution a ainsi été adoptée par le Conseil des droits de l’homme.
Le texte validé contient plusieurs dispositions concernant notamment la présidentielle de 2027, l’impunité, les libertés publiques, la coopération avec les mécanismes des Nations Unies et la réouverture du bureau du Haut-Commissariat aux droits de l’homme au Burundi. Le renouvellement du mandat de Fortuné Gaetan Zongo pour une nouvelle année en constitue l’une des principales dispositions.
Fortuné Gaetan Zongo entame ainsi son cinquième mandat consécutif. Le mécanisme du Rapporteur spécial a pris le relais du travail engagé par la Commission d’enquête sur le Burundi, mise en place en 2016.
Le renouvellement avait par ailleurs été anticipé par Le Mandat. Dès le mois d’août, une analyse consacrée à l’évolution du dossier estimait qu’une nouvelle prolongation apparaissait comme le scénario le plus probable, notamment au regard des précédents et de l’approche de la présidentielle de 2027.
L’Union européenne invoque la présidentielle de 2027
Présentant la résolution au nom de l’Union européenne, l’Irlande a reconnu certains développements positifs au Burundi, notamment la libération récente de prisonniers politiques. L’UE a toutefois estimé que des violations et atteintes aux droits humains continuaient d’être signalées et que l’espace politique et civique restait restreint.
Elle a surtout insisté sur la présidentielle de 2027. Selon l’Union européenne, un environnement politique ouvert et pluraliste ainsi que le respect des libertés d’expression, d’association et de réunion pacifique sont indispensables à la tenue d’élections libres, inclusives, transparentes et crédibles.
L’UE a estimé que le maintien d’une surveillance internationale était particulièrement important durant cette période. Elle a également demandé au Burundi de renforcer sa coopération avec le Rapporteur spécial et le Haut-Commissariat aux droits de l’homme, de permettre la réouverture du bureau de ce dernier et de faciliter l’accès de Zongo au territoire burundais.
Le Burundi dénonce un instrument politique
La délégation burundaise a défendu une lecture diamétralement opposée.
Elle a accusé le point 4 de l’ordre du jour du Conseil, sous lequel la situation burundaise est examinée, d’être devenu un instrument politique utilisé de manière sélective contre certains États. Selon son représentant, le Burundi ferait depuis plusieurs années l’objet de pressions visant ses institutions et motivées par des considérations politiques et géopolitiques.
La délégation a également accusé certaines puissances occidentales d’utiliser la question des droits humains comme moyen de pression et reproché à la résolution de ne pas évoquer les activités du mouvement rebelle RED-Tabara. Elle a présenté la poursuite du mécanisme comme une atteinte à la souveraineté du pays et une ingérence dans ses affaires internes.
La Chine a également annoncé son opposition au texte, invoquant le respect de la souveraineté du Burundi et son rejet des mécanismes consacrés à un pays sans le consentement de celui-ci.
La résolution a finalement été adoptée par 22 voix pour, 7 contre et 17 abstentions, assurant notamment à Fortuné Gaetan Zongo une nouvelle année à la tête du mécanisme.
Retrouvez ci-dessous l’intégralité du débat ayant précédé le vote qui a abouti au renouvellement du mandat du Rapporteur spécial sur la situation des droits de l’homme au Burundi.
