Burundi : un nouveau mandat pour le Rapporteur spécial, toujours sans accès au pays

Le mandat de Fortuné Gaetan Zongo, rapporteur spécial de l’ONU sur la situation des droits de l’homme au Burundi, devrait être prolongé d’un an par le Conseil des droits de l’homme. Le vote attendu la semaine prochaine ne laisse guère de suspense : le « oui » devrait l’emporter. Mais, malgré cette reconduction imminente, Gitega maintient son refus de l’autoriser à franchir son territoire. (Le Mandat)

L’ambassadrice du Burundi à Genève, Elisa Nkerabirori, a dénoncé un « mécanisme de propagande » ayant perdu « crédibilité et légitimité », confirmant la ligne dure du gouvernement. Lors de la présentation de son rapport, le Rapporteur spécial, lui, a exhorté les autorités burundaises à renouer un « dialogue constructif » avec le mécanisme dans le respect de leurs engagements internationaux.

L’Union Européenne, initiatrice de la résolution, estime pour sa part que la situation au Burundi doit être surveillée « de près » jusqu’aux élections présidentielles de 2027. Principal bailleur de fonds du pays, Bruxelles réclame que le rapporteur spécial obtienne enfin un accès au terrain.

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Le projet de résolution, qui sera soumis au vote, ne se limite pas aux violations des droits civils et politiques évoqués également dans la précedente résolution. Elle pointe aussi le non-respect des « droits économiques, sociaux et culturels au Burundi, en particulier le droit à une alimentation adéquate, le droit de jouir du meilleur état de santé physique et mentale possible et le droit à l’éducation, y compris pour les enfants et les personnes en situation de vulnérabilité ». Elle relève que les élections locales et législatives de 2025 se sont déroulées sans violences majeures, mais se dit « préoccupé par les informations selon lesquelles les conditions nécessaires à la tenue d’élections inclusives, transparentes, pluralistes et crédibles n’étaient pas réunies, notamment en raison du rétrécissement accru de l’espace civique et médiatique, de l’absence de pluralisme politique et de conditions propices à une compétition électorale équitable, de l’augmentation des actes d’intimidation contre les voix critiques et d’un climat de peur entourant les opérations électorales dans le pays ».

Les 27 saluent la remise par le gouvernement burundais d’un rapport au Comité pour l’élimination de la discrimination raciale mais lui demande de « créer les conditions nécessaires à la tenue d’une élection présidentielle inclusive, transparente et crédible en 2027 ».