Une nouvelle vague d’arrestations visant d’anciens adeptes d’Eusébie Ngendakumana est signalée dans plusieurs régions du Burundi depuis la nuit du 31 décembre 2025. Selon de nombreuses sources locales concordantes, ces arrestations sont menées conjointement par des Imbonerakure du parti CNDD-FDD et des éléments de la police nationale, dans un climat de peur et de grande opacité. (Le Mandat)
Dans la commune Cibitoke, en province Bujumbura, quatre membres d’une même famille, identifiés comme anciens adeptes d’Eusébie Ngendakumana, ont été arrêtés arbitrairement dans la nuit du 31 décembre 2025, alors que la population célébrait le passage à la nouvelle année. Des témoins rapportent que des membres de la ligue des jeunes du parti au pouvoir, les Imbonerakure, accompagnés par des policiers, ont fait irruption au domicile familial avant d’emmener les personnes interpellées vers une destination inconnue. Ces personnes sont entre autres Jean Nduwimana, Idephonse Nsazugwimo, Abdul Ntunzwenayo et Gloriose Ndikumwenayo.
Aucune notification officielle d’arrestation n’a été présentée aux familles, et depuis, leurs proches restent sans nouvelles, craignant qu’ils soient détenus dans des lieux non officiellement reconnus, une pratique régulièrement dénoncée par les organisations de défense des droits humains.
Des opérations similaires ont été rapportées en province Butanyerera, précisément dans la commune Matongo, où trois autres personnes dont Claude Ndikumana, Jean Paul Nuwarugira et Jonas Ndahiro ont été arrêtées le dimanche 4 janvier 2026 vers 5 heures du matin, à leur domicile. Selon des sources locales, les arrestations ont été menées dans des conditions identiques : perquisitions sans mandat, absence d’explications claires et transfert immédiat vers un lieu tenu secret.
Une répression ciblant les anciens adeptes revenus de la RDC
D’après les proches des victimes et des sources locales indépendantes, ces arrestations s’inscrivent dans une nouvelle vague de répression visant spécifiquement les anciens adeptes d’Eusébie Ngendakumana, en particulier ceux qui seraient récemment rentrés de la République Démocratique du Congo (RDC), où plusieurs d’entre eux s’étaient réfugiés ces dernières années.
Les autorités soupçonneraient ces personnes d’avoir repris des pratiques religieuses jugées illégales et non reconnues par le gouvernement. Toutefois, ces accusations sont vivement contestées par les familles concernées. Celles-ci affirment que leurs proches ont abandonné depuis longtemps ces pratiques religieuses, et qu’ils se consacraient à des activités ordinaires de subsistance au sein de leurs communautés.
« Ils ont tourné la page depuis longtemps. Ils ne pratiquent plus aucune activité religieuse interdite. Leur arrestation est injuste », témoigne un proche d’une des personnes arrêtées, sous couvert d’anonymat, par crainte de représailles.
Une situation récurrente depuis 2025
Cette vague d’arrestations n’est pas un fait isolé. Au cours de l’année 2025, plusieurs anciens adeptes d’Eusébie Ngendakumana, notamment ceux revenus de la RDC au mois d’octobre, auraient été arrêtés dans des circonstances similaires. Selon nos sources, certains auraient été détenus pendant plusieurs semaines, voire plusieurs mois, dans des lieux de détention non officiellement reconnus, sans accès à leurs familles ni à une assistance juridique.
Des défenseurs des droits humains estiment que ces pratiques constituent de graves violations des droits fondamentaux, notamment le droit à la liberté, à la présomption d’innocence et à un procès équitable.
Appels à la libération et silence des autorités
Face à cette situation, les familles des personnes arrêtées lancent un appel pressant aux autorités burundaises afin que leurs proches soient immédiatement libérés, ou à défaut, qu’ils soient présentés devant la justice conformément à la loi, avec des charges clairement établies.
Jusqu’à présent, aucune autorité administrative ou sécuritaire n’a communiqué officiellement sur ces arrestations. Ce silence alimente l’angoisse des familles et renforce les inquiétudes quant au sort réservé aux personnes interpellées.
Dans les zones concernées, la population vit désormais dans la crainte de nouvelles arrestations, tandis que plusieurs anciens adeptes d’Eusébie Ngendakumana redoutent d’être les prochaines cibles de cette répression.
