Petit commerce au Kenya : La Commission africaine des droits de l’homme alerte sur la haine et les violences contre les étrangers

La Commission africaine des droits de l’homme et des peuples exprime une « grave préoccupation » face à la situation des étrangers au Kenya après les déclarations et directives visant les petits commerces exploités par des ressortissants étrangers. L’institution affirme avoir reçu des informations faisant état d’agressions, d’intimidations, de harcèlement, de pillages et de destructions de commerces, particulièrement contre des Burundais. Elle demande à Nairobi d’enquêter sur ces incidents et de garantir la protection des étrangers et des migrants, indépendamment de leur statut juridique. (Le Mandat)

Dans une déclaration datée du 9 septembre 2026 à Banjul et publiée le 11 septembre, la Commission africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP) exprime sa « grave préoccupation » concernant les conséquences sur les droits humains des récentes déclarations publiques du président kényan William Ruto, notamment celle du 2 septembre suggérant la fermeture immédiate des petits commerces exploités par des ressortissants étrangers.

L’institution évoque des informations faisant état d’agressions physiques, d’intimidations et de harcèlement contre des établissements appartenant à des étrangers, particulièrement des Burundais. Certains auraient également subi des pillages et la destruction de leurs commerces, entraînant la perte de leurs moyens de subsistance.

La Commission relève également que la situation a provoqué une forte anxiété parmi les Burundais vivant au Kenya et conduit des centaines d’entre eux à se rendre à leur ambassade à Nairobi pour obtenir des documents de voyage.

Le Mandat a consacré une analyse détaillée aux mesures annoncées par Nairobi et aux questions qu’elles soulèvent au regard du Marché commun de la Communauté d’Afrique de l’Est (EAC).

Réglementer sans provoquer la haine contre les étrangers

La Commission ne remet pas en cause le droit du Kenya de réglementer l’immigration, la création et l’exploitation des entreprises.

Elle avertit toutefois que l’application de ces règles doit respecter pleinement la procédure régulière et les droits fondamentaux et, surtout, ne pas provoquer une « incitation à la haine et à la violence contre les ressortissants étrangers ».

Elle rappelle à ce titre les obligations découlant de la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, notamment en matière de non-discrimination, d’égalité, de dignité et de protection de la personne, de la vie et des biens.

La Commission souligne surtout que ces garanties doivent bénéficier aux ressortissants étrangers et aux migrants indépendamment de leur statut juridique.

Nairobi appelé à protéger les étrangers, notamment les Burundais

Face aux informations qui lui sont parvenues, la Commission demande au gouvernement kényan de mener rapidement des enquêtes sur les incidents de violence et d’intimidation signalés contre les étrangers.

Elle lui demande également d’empêcher des membres du public de commettre des violences ou des intimidations en prétendant appliquer eux-mêmes les directives gouvernementales relatives aux commerces exploités par des étrangers.

L’institution appelle en outre Nairobi à assurer la sécurité des étrangers et des migrants résidant au Kenya, particulièrement ceux qui exploitent de petites entreprises.

Elle demande qu’une attention particulière soit accordée aux ressortissants burundais exposés aux intimidations et aux violences.

Enfin, l’application des règles relatives à l’immigration et aux petites entreprises doit, selon elle, respecter quatre principes : légalité, procédure régulière, égalité et non-discrimination.

La Commission annonce qu’elle continuera à suivre étroitement la situation au Kenya et se dit disposée à collaborer avec les autorités kényanes afin de promouvoir la justice, la responsabilité et la protection des droits humains.

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