Le Conseil des droits de l’homme de l’ONU a renouvelé, lundi à Génève, le mandat du Rapporteur spécial sur la situation des droits de l’homme au Burundi avec 23 voix pour, 9 contre et 15 abstentions. Une décision attendue, que Le Mandat avait anticipée dans son article du 5 octobre 2025. L’Union européenne, à l’origine du mécanisme, estime que le pays doit rester sous surveillance à l’approche des élections présidentielles de 2027. Mais Fortuné Gaetan Zongo devra encore exercer sa mission à distance, faute d’accès au territoire burundais. (Le Mandat)
Avant le vote, le représentant danois Ib Petersen, au nom des 27, a exhorté le gouvernement burundais à autoriser la visite du Rapporteur spécial dans le pays. Selon l’Union européenne, les violations persistantes des droits civils et politiques ainsi que le non-respect des droits économiques, sociaux et culturels, notamment le droit à l’alimentation, à la santé et à l’éducation, justifient une vigilance accrue.
De son côté, Fortuné Gaetan Zongo a plaidé pour un « dialogue constructif » avec les autorités burundaises, rappelant que le Burundi, en tant que membre du Conseil des droits de l’homme, devrait se conformer à ses décisions. Mais la position de Gitega reste inflexible. « Le Burundi ne va pas s’incliner » face à un « mécanisme de propagande » dépourvu de crédibilité, a déclaré Elisa Nkerabirori, ambassadrice du gouvernement à Genève.
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Présentant son rapport, le Rapporteur spécial a toutefois assuré que malgré l’absence de mission sur le terrain, son travail se poursuivait « avec rigueur, professionnalisme, objectivité et impartialité ».
Nommé en 2022 pour succéder à la Commission d’enquête, Fortuné Gaetan Zongo entame ainsi son quatrième mandat consécutif sans jamais avoir pu se rendre au Burundi.
Faute d’accès direct, le Rapporteur Spécial au budget limité, s’appuie sur la diaspora burundaise, les organisations de la société civile et d’autres acteurs pour recueillir des informations de première main sur la situation des droits humains concernant le pays qui compte des centaines de milliers de réfugiés en dehors de ses frontières.
